BFM

M’avançant allègrement au milieu des allées que délimitaient des rangées d’étagères en bois posées les unes derrière les autres, et bien que ce bâtiment récent fait de panneaux de verre que supportaient des armatures métalliques , soit de conception moderne, transparente, j’eus subitement l’impression qu’il était dépassé, pris de vitesse par les technologies modernes numérisées qui avaient désormais pénétré jusque sur nos lieux de recueillement les plus intimes, nous permettant de lire et d’étudier à toute heure du jour et de la nuit.

Les bibliothèques multimédias seraient-elles en passe de devenir des réserves de livres, des musées d’objets insolites où s’entasseraient des manuels de papiers  reliés, brochés, puis rangés, classés, répertoriés, remisés en catégories bien identifiées, prédéfinies. Des livres savants, utiles, certes, mais immobiles, figés, contrairement aux liens numériques qui, eux, sont échangés, cliqués, envoyés, insérés, rognés, compressés, zoomés, copiés / collés, bref en perpétuel mouvement. Dématérialisés mais fluides, vivants, interactifs, inéluctablement évolutifs, facilement utilisables, interchangeables, quel que soit le lieu où l’on se trouve, de la plage au sommet des montagnes, la lecture est à la portée de tous, dans l’instant. Pas de perte de temps, pas d’attente. On veut savoir, satisfaire sa curiosité, sa soif d‘apprendre ? On obtient le renseignement, l’étude, instantanément. Pratique, non ?

Pourtant rien ne remplacera jamais le contact humain et le plaisir de lire silencieusement à côté de son semblable, si ? Mais se parle-ton dans les bibliothèques ?

Souvent, ici,  dans le jardin d’hiver, je m’assois pour lire l’humeur des jours, chronique de Bruno Frappat publiée chaque fin de semaine dans le journal La Croix. J’y rencontre toujours quelque pensée complice distillée au gré des actualités récentes. Le samedi il y a du monde aux périodiques , des jeunes, des moins jeunes, des habitués, de nouvelles têtes.

 

Puis je ressors et j’admire le bâtiment de l’extérieur. Cette géométrie aux lignes sobres et rectilignes repose le regard qui est néanmoins ébloui par les reflets du soleil que réfléchissent les parois de verre. Belle après-midi de lecture dans un cadre apaisant. Mais qu’ai-je retenu de ma lecture ?

On balance et on s’en balance ?

____photosfa#________

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6 Responses to BFM

  1. marie-jeanne says:

    C’est surprenant de partager, via ton blog, des pensées qui me semblent familières et de revisiter, avec ton regard, des lieux qui sont, eux aussi, familiers… en tout cas qui le redeviennent lors des retours en Limousin, puisque j’en suis loin. Merci Fa #!

    • blogfadiese says:

      Un grand merci à toi Marie-Jeanne pour ton commentaire. Il est vrai que moi aussi, depuis que j’ai le temps de lever les yeux je redécouvre la ville.
      Je rajoute ton blog dans mes favoris.

  2. blogfadiese says:

    Douceur, civilité, fidélité, communauté, Elisabeth au soir tombé a tout dit !

  3. Elisabeth says:

    La nuit s’est faite silence.
    Il doit y avoir, à bien tendre l’oreille, les souffles des enfants aux rêves variés.
    Nous veillons, solitaires, grandis de cette vie qui passe. Dans ce creux calme et serein, avant de plonger dans la page qui clora les yeux, je viens regarder vos photos, Fa, feuilleter aussi celles de Jean-François, découvrir les pépites d’Euterpe. Ainsi, se découvrent des poèmes, s’entendent les bruits des jours (ah, le G20 au café…). Et dans la lumière de l’écran toujours plus petit passent de la douceur et beaucoup de civilité. De la fidélité humaine et spirituelle, aussi. Un sens de l’autre. Une forme de communauté mais qui ne serait pas court-circuitée par le profit et la mise en scène des amis à compter par centaines.
    Je penserai à vous tous demain, en la journée chargée, avant de feuilleter vos pensées au soir tout à fait tombé,

  4. blogfadiese says:

    Il y a dans l’écran une transparence visuelle qui est séduisante et qui facilite la lecture. Le numérique rend les phrases plus fluides … on les re-découvre. Je suis ravie d’apprendre que la Bible vous « embarque » elle aussi. Bonne soirée de lecture Odile !

  5. odile-adrienne says:

    Merci Fa pour cette visite de bibliothèque qui m’ a « embarquée » comme dit un de mes petit-fils…
    Plaisir des livres et de la lecture, seule ou en compagnie. Plaisir de parler de livres avec ceux qui en cherchent, plaisir de les toucher…
    Je viens se découvrir le plaisir d’une lecture plus facile, la nuit quand les yeux fatiguent mais que le sommeil est absent et que les bras peinent à supporter le poids du livre ; je prends ma petite liseuse, tablette à lire, encore un écran bien sûr, dans laquelle j’ai enfourné quelques livres d’auteurs anciens (gratuits!) que je voulais relire.
    Et – ceci est pour Fa seulement – j’ai découvert que je prenais un grand plaisir sur ce support qui fait injure aux bouquins, à lire la Bible comme je n’avais jamais pu le faire avec l’une ou l’autre des différentes éditions.
    Étrange, n’est-ce pas ? Mais après tout le papier n’est pas le premier support de ces textes magnifiques…

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