Chauve

ARBRE REMARQUABLE

Les arbres au feuillage persistant ne perdent pas leurs feuilles en automne,  c’est le cas de la plupart des conifères qui gardent leurs aiguilles en hiver, mais celui-ci, les perd. Petit à petit sa robe change de couleur virant d’un vert tendre anisé au jaune, orangé puis brun. Dès la fin de l’été, de petits rameaux se détachent des branches et gisent au sol, ébouriffés, tout étonnés de reposer parmi les graviers gris cendrés sur lesquels on marche, en les piétinant innocemment. Ce sont les petites aiguilles courtes qui tombent peu à peu, gracieusement, en souplesse, avec la légèreté de plumes filiformes.  Ce coup de vent estival qui les enlève de la membrure annonce les changements dans la vie de l’arbre.

Suivre l’évolution de son feuillage m’a intriguée.

Je l’ai guetté, en observant sa silhouette tous les trois ou quatre jours. Elle livre à chaque fois un patchwork de couleurs chaudes qui se répartissent irrégulièrement de la cime à la base sur le pourtour de la couronne. Curieuse métamorphose que la sienne. Le houppier vert tendre de l’arbre jaunit, se teinte d’ une belle couleur orangée, rougit, devient cuivré, roussit, s’assombrit  peu à peu, le feuillage se fait moins dense, s’éclaircit , les aiguilles se détachent,  ce qui lui donne une allure échevelé, puis il devient carrément chauve, car il ne lui en reste plus aucune. D’où l’origine de son nom. Celui-ci est un spécimen isolé au milieu d’autres arbres remarquables vivant près de lui dans cette partie du jardin humide.

Le cyprès chauve, tel est son nom, est originaire du Sud-Est de l’Amérique. Je découvrais une autre particularité de cet arbre singulier.

Une des curiosités de ce conifère ce sont ses racines.

Fouillant du regard les massifs à la recherche de ses fameuses racines aériennes qui le stabilisent tout en lui apportant l’oxygène nécessaire à son développement je les apercevais soudain parmi les plantes qui se développent au bord de l’eau. Leur nom  m’intriguait tout autant que leur forme. Voici les pneumatophores, racines aériennes particulières qui ancrent l’arbre dans le sol, car  cette variété de cyprès vit en terre marécageuse et il  a besoin d’être solidement amarré.

Mais relevons la tête.

Le feuillage resplendissant fait notre admiration car il se nuance graduellement.

De jour en jour, la palette de couleurs s’enrichit.

Les aiguilles si légères, qu’on dirait des plumes, planent en nous effleurant doucement.

( en passant la souris de l’ordinateur sur les photos vous lirez les dates auxquelles j’ai pris les clichés)

Peu à peu les verts s’atténuent laissant la place à des roux plus vifs.

Assidue, j’ai hâte de le voir.

De loin je note les transformations.

Le dénuement des arbres à feuilles caduques qui l’entourent accentue sa silhouette resplendissante.

Le feuillage contrasté des conifères imprime sa marque sur la robe flamboyante qui va se ternir au fil des heures.

Les cimes découpent le ciel bleu pâle en  dessinant une ligne descendante faite de pointes, de dômes et d’innombrables échancrures.

 Toutes les nuances se superposent.

Et cette  juxtaposition d’éléments naturels crée une féerie végétale chatoyante.

La main de l’homme a su marier les espèces et les variétés pour en faire une juste harmonie que le soleil révèle.

Le paysage se dilue, les arbres s’effacent, les silhouettes deviennent discrètes.

L’espace  prend toute la place. Le parc se met au repos.

Etrange.

C’est le même cadrage mais jamais la même atmosphère.

Les pigeons toujours présents tracent dans l’azur des trajectoires identiques.

Une météo exceptionnelle offre une opportunité rare pour réaliser des prises de vue claires et ensoleillées qui mettent merveilleusement en valeur ces arbres insolites. Une belle  lumière franche était au rendez-vous sauf un jour.

Sa parure fauve  recouvre le sol que les jardiniers nettoie régulièrement.

A peine l’apercevoit-on que déjà  elle se volatilise.

Déplumé, défait, échevelé.

Le beau cyprès resplendissant  devient chauve.

Mais il garde  son allure altière.

Car déjà il attend le printemps.

photosfa# ______

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7 Responses to Chauve

  1. jf says:

    Non non non Fa, je ne suis pas déçu. J’aime jouer mais j’aime aussi laisser jouer et jouer avec les autres. Pour l’anecdote toutes les semaines scolaires je participe à un cours d’Espagnol pour adultes. Souvent nous jouons à l’objet mystérieux. L’un d’entre nous porte un objet mystérieux. Nous devons le découvrir en posant des questions en Espagnol bien entendu et toutes les 5 questions nous avons droit à un indice. J’aime bien ces jeux où l’on joue « en groupe » et où on gagne « collectivement ».

  2. grillon says:

    Magnifique ce cyprès ! Ce n’est pas le chauve que j’ai dans le jardin mais celui qu’on appelle communément le  » boulevard  » , il perd aussi ses touffes rousses en été, et c’est astreignant de ramasser les débris de son alopécie ! Mais il ne devient pas totalement roux au contraire du vôtre qui est spectaculaire.
    Tous les conifères renouvellent, assez discrètement, leurs aiguilles en été, c’est pourquoi il est préférable de les transplanter dans cette saison à la différence des feuillus qui préfèrent la sainte Catherine.
    Je n’avais rien deviné dans le précis et le cyprès 😕 … mais, oh pardon pour la vulgarité, si vous aviez dit … le cul presse assez … 😳
    Très bon dimanche à vous !

    • blogfadiese says:

      Merci Grillon. J’ai préféré le « si » pour plus de musicalité.
      Pour les touffes, le jour où je pris les dernières photos je rencontrais un homme , la soixantaine, qui les ramassait précieusement, avec l’autorisation des jardiniers de la ville, afin d’en recouvrir les plantes de son jardin qui gèlent en surface sur une dizaine de centimètres de hauteur, me disant : « C’est une protection très efficace, j’en mets tous les ans; je me dépêche car dans très peu de temps ils auront tout enlevé. »
      J’arrive toujours à engager la conversation avec une ou autre personne dans ce jardin public, qui comme son nom l’indique, incite à la relation et à créer du lien social, même ponctuel.
      Bon dimanche à vous également.

  3. Mi♭ says:

    Fin de la devinette et du conciliabule, la couleur rouge qui flottait sur vos photos était aussi un trait commun, mais difficile à attribuer à ce cyprès qui devenait chauve ! Merci pour ce « tour » de piste botanique, aquatique et ludique!

    • blogfadiese says:

      Ah mi bémol je voyais bien que vous étiez impatient aussi je me suis activée afin de ne pas laisser passer le WE dans l’incertitude.
      C’étaient bien ces filaments rouges fins et lègers qui étaient communs aux photos que j’indiquais. Certaines personnes les rammassent pour pailler les pieds des plantes qui peuvent geler en hiver.

      J’espère, en revanche, que Jean-François ne sera pas déçu par la rapidité de la réponse lui qui avait une petite idée en tête.

      J’ai pris beaucoup de plaisir à admirer ce bel arbre que je méconnaissais, me disant qu’il deviendrait l’objet d’un article verdoyant.

      précis —–> cyprès ; il suffisait d’inverser les syllabes et de jouer en commençant par le « si » qui se trouve si près du « do » et si près du « la ».

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