Contrastes

Qu’annonce l’ange aux ailes d’or ?

Que montrent ses mains ?

Approchons-nous.

Notre regard se tend vers une crèche traditionnelle, un peu anachronique tout de même, puisque les personnages déposés sur la paille d’une étable joliment construite, sont richement vêtus et entourés d’un décor floral élégamment travaillé, bien que discret,  ce qui étonne dans un pareil logis.

 

Au généreux drapé d’une  étoffe constituée d’un taffetas moiré beige chocolat succède la sobriété, et non moins très étudiée, d’une fine ligne blanche épurée qui façonne tout en douceur les contours des corps recueillis, agenouillés, silencieux. Priants.

 

De loin, les figurines semblent perdues dans l’église abbatiale baignée d’une agréable lumière naturelle en ce milieu du jour. On ne les voit pas au premier coup d’œil.

Le sable, la pierre, le bois, le plâtre, la cire, tous éléments minéraux friables, cassants, durs, malléables, ligneux pâteux ou granuleux, revêtus d’un blanc crème laiteux, se fondent sur les murs de pierres taillées gris-rosé, écru, légèrement bleuté par endroits. Les visages tout en rondeur apparaissent ocrés sous les bonnets de plâtre et complètent les aubes de chaux, tandis que le chemin de croix plaqué sur la paroi de granit entre en résonance  avec la crèche artistique intellectualisée. Dépouillement stylisé et recherché qui met en valeur le fait que le nouveau-né déposé dans la mangeoire deviendra le supplicié cloué sur le bois de la croix. Même couleur, même matière. même posture, même intention, celle de l’agneau offert, victime innocente. Tout est lié et ne forme qu’un tout. L’horizontalité de la table sur laquelle on a installé la nativité et la verticalité du mur sur lequel on a accroché les stations du calvaire se répondent. Eucharistie et sacrifice, résurrection et rédemption, naissance et renaissance, Vie et mort, mort et vie.

Belle unité plastique.

Laineuse, crémeuse, neigeuse, farineuse.

Figée, statique, immobile, froide.

Fade ?

Glissant mes yeux d’une crèche à l’autre je les détournais et m’attardais sur l’icône de la Sainte Famille.

S’il vous agrée de jouer au jeu de questions / réponses, alors je vous propose celle-ci :

Vers laquelle de ces trois représentations va votre préférence ?

Rien ne vous oblige à répondre.

En ce qui me concerne j’ai fait mon choix.

 photosfa#________

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3 Responses to Contrastes

  1. Mi♭ says:

    La crèche crayeuse me convient par sa sobriété ; ce qu’elle ne dit pas explicitement, vous l’avez dit, ce qui suppose une culture pour passer de l’horizontal au vertical et voir que Noël sans Pâques n’a pas de sens !
    Bonne fin d’année.

  2. blogfadiese says:

    Ouais, super ! Belle année à toi aussi marlie.

  3. marlie says:

    La crèche crémeuse, farineuse… épurée a ma préférence ! Très belle année 2012, Fa !

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