Amour

Elle s’agite, grogne en émettant de petits sons de mécontentement qui attirent l’attention, tourne la tête d’un côté, de l’autre, ouvre la bouche. On comprend qu’ elle réclame à manger.

La mère et l’enfant se regardent, se comprennent à demi-mot. Elle redouble alors d’impatience voyant bien que sa maman a compris son message et celle-ci,  laissant là son occupation, la prend dans ses bras, l’embrasse sur ses joues fermes et rondes et la presse tout contre elle.  C’est l’heure de la tétée. Fébrile, avide,  le poupon cherche le sein, prend le mamelon et le tête goulûment en produisant des petits sons  de satisfaction.

Son petit corps s’abandonne contre celui de sa maman, parfois elle relève ses  jambes qu’elle pose sur la cuisse maternelle puis les laisse retomber négligemment, et ses petits doigts potelés qui serrent doucement les longues phalanges  chaudes et rassurantes rappellent la dépendance et la vulnérabilité de ce petit être en devenir qu’il est du devoir des adultes de protéger. Toutes deux finissent par s’endormir dans la chaleur de ce moment d’amour  vrai, si intense, apaisant.

Patience, disponibilité.

Présence, générosité.

Amour.

Authentique bonheur.

De l’allaitement maternel.

Aucune femme ne devrait avoir à souffrir d’interrompre prématurément l’allaitement pour des raisons de reprise d’activités professionnelles. Ce sont de fausses raisons.

Aucune femme ne devrait souffrir de ne pas pouvoir allaiter son enfant selon son désir et selon les besoins de son enfant. Cet empêchement cruel est un déni d’humanité.

C’est un déni de vie.

Ces messieurs qui inventent les lois doivent les faire évoluer dans le sens de la vie afin de permettre aux femmes d’être des mères. Il faut allonger le congé de maternité, sans que cela porte préjudice à la carrière des femmes. Bien au contraire ce temps de vie dispensé gratuitement  pour le bien de l’enfant, devrait leur apporter un bonus. La société tout entière s’en porterait beaucoup mieux. Oui, messieurs, mesdames,  il faut le faire ! Nous, on remplit nos devoirs liés à notre nature : grossesse, accouchement, allaitement. Et ce n’est pas rien. Remplissez les vôtres, ça allégera les nôtres, et par conséquent les vôtres.

Quel député, quelle députée aura le courage de modifier intelligemment les lois ?

 

Honneur à la vie.

Parce-qu’on l’aime !

photosfa#_________

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11 Responses to Amour

  1. Elisabeth says:

    Pour compléter les propos de mi bémol.
    Le sommeil a toujours été primordial pour mon équilibre. Pas de sommeil, morsure (à l’âme, aux autres…) !
    Quand mes enfants étaient petits, mon mari s’est toujours levé avec moi pendant l’allaitement. Je nourrissais mais lui m’apportait l’enfant dans le lit (car brrr, qu’il est dur d’en sortir l’hiver !) et le changeait après. On a bien ri, parfois, quand cela devenait le prétexte aux petits de l’arroser copieusement.
    Mes amies, elles, avaient des fauteuils dans la chambre des enfants, ou leur mari dormait ailleurs « pour travailler le lendemain et dormir la nuit ». Elles laissaient la couverture sur le fauteuil, somnolaient là…
    Encore aujourd’hui mes enfants appellent « papa » la nuit.
    Ai-je été une mauvaise mère ? Non.
    L’avons-nous fait par principe féministe ? Non.
    Mon mari a accepté de me soutenir. Il est d’un pays connu pour être peu ouvert aux avancées féministes mais il a simplement raisonné par tendresse et avec tendresse.
    Qu’il en soit béni ! Quel dur métier que de devenir maman. Quel beau partage/ équilibre que de devenir parents !

    • blogfadiese says:

      Lorsque le père et la mère s’aiment d’un amour vrai sincère et honnête, chacun d’eux trouve les gestes adequats pour édifier ensemble leur propre famille, n’est-ce pas Elisabeth ..

    • mac says:

      Ton mari est super d’avoir participé ainsi à ton allaitement. De nombreuses femmes disent ne pas vouloir allaiter car elles veulent que le papa participe…
      Pour nous, notre fille dort avec nous, nous avons acheté un lit en 180 pour avoir la place ! Et quand elle le voudra, son lit est prêt, collé au notre

  2. Vic tord Hugo says:

    Mais… J’en vois qui marchent sur mes plate-bandes…
    Attention, les perce-neige vont fleurir et les jonquilles allongent leur tiges.

    « Il lui disait : « Vois-tu, si tous deux nous pouvions,
    L’âme pleine de foi, le cœur plein de rayons,
    Ivres de douce extase et de mélancolie,
    Rompre les milles nœuds dont la ville nous lie ;
    Si nous pouvions quitter ce Paris triste et fou,
    Nous fuirions ; nous irions quelque part, n’importe où,
    Chercher, loin des vains bruits, loin des haines jalouses,
    Un coin où nous aurions des arbres, des pelouses,
    Une maison petite avec des fleurs, un peu
    De solitude, un peu de silence, un ciel bleu,
    La chanson d’un oiseau qui sur le toit se pose,
    De l’ombre ; – et quel besoin avons-nous d’autres chose ? »

  3. blogfadiese says:

    Cette question vitale de la présence maternelle auprès de son enfant pendant la première année n’est pas suffisamment prise en compte de mon point de vue, c’est pour cela qu’il est de notre devoir féminin d’attirer l’attention des pouvoirs publics et des industriels sur ce moment précieux qu’il faudrait valoriser davantage tout en préservant le libre choix des mères.

  4. Mi♭ says:

    Hymne à la jeune mère ; chant à l’enfant qui est là ;
    manifeste pour la leche leag.
    Tendresse et rudesse, au nom de l’amour,
    au nom de la vie.
    Il faut des sentinelles qui se liguent,
    si possible sans leche leag,
    pour des réalités si naturelles et maternelles,
    à la base de toute vie,
    même économique !
    Prendre un enfant par la main,
    ce n’est pas exclus pour les monsieurs,
    quelles que soient leurs obligations :
    ils gagneraient en humanité,
    parce que l’humanité les aurait gagnés,
    enfin !

  5. jfsadys says:

    Victor Hugo est merveilleux! ;+))

  6. blogfadiese says:

    C’est une revendication juste qui devrait aller de soi. Elle légitimerait davantage encore notre humanité.
    Quel merveilleux poème de Victor Hugo.

  7. jfsadys says:

    Tout à fait d’accord avec vous Fa pour la revendication politique que vous faites.

  8. jfsadys says:

    Victor Hugo (1802-1885)

    ***

    Lorsque l’enfant paraît, le cercle de famille
    Applaudit à grands cris.
    Son doux regard qui brille
    Fait briller tous les yeux,
    Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être,
    Se dérident soudain à voir l’enfant paraître,
    Innocent et joyeux.

    Soit que juin ait verdi mon seuil, ou que novembre
    Fasse autour d’un grand feu vacillant dans la chambre
    Les chaises se toucher,
    Quand l’enfant vient, la joie arrive et nous éclaire.
    On rit, on se récrie, on l’appelle, et sa mère
    Tremble à le voir marcher.

    Quelquefois nous parlons, en remuant la flamme,
    De patrie et de Dieu, des poètes, de l’âme
    Qui s’élève en priant ;
    L’enfant paraît, adieu le ciel et la patrie
    Et les poètes saints ! la grave causerie
    S’arrête en souriant.

    La nuit, quand l’homme dort, quand l’esprit rêve, à l’heure
    Où l’on entend gémir, comme une voix qui pleure,
    L’onde entre les roseaux,
    Si l’aube tout à coup là-bas luit comme un phare,
    Sa clarté dans les champs éveille une fanfare
    De cloches et d’oiseaux.

    Enfant, vous êtes l’aube et mon âme est la plaine
    Qui des plus douces fleurs embaume son haleine
    Quand vous la respirez ;
    Mon âme est la forêt dont les sombres ramures
    S’emplissent pour vous seul de suaves murmures
    Et de rayons dorés !

    Car vos beaux yeux sont pleins de douceurs infinies,
    Car vos petites mains, joyeuses et bénies,
    N’ont point mal fait encor ;
    Jamais vos jeunes pas n’ont touché notre fange,
    Tête sacrée ! enfant aux cheveux blonds ! bel ange
    À l’auréole d’or !

    Vous êtes parmi nous la colombe de l’arche.
    Vos pieds tendres et purs n’ont point l’âge où l’on marche.
    Vos ailes sont d’azur.
    Sans le comprendre encor vous regardez le monde.
    Double virginité ! corps où rien n’est immonde,
    Âme où rien n’est impur !

    Il est si beau, l’enfant, avec son doux sourire,
    Sa douce bonne foi, sa voix qui veut tout dire,
    Ses pleurs vite apaisés,
    Laissant errer sa vue étonnée et ravie,
    Offrant de toutes parts sa jeune âme à la vie
    Et sa bouche aux baisers !

    Seigneur ! préservez-moi, préservez ceux que j’aime,
    Frères, parents, amis, et mes ennemis même
    Dans le mal triomphants,
    De jamais voir, Seigneur ! l’été sans fleurs vermeilles,
    La cage sans oiseaux, la ruche sans abeilles,
    La maison sans enfants !

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