Ecrivain

 

Flaubert m’ennuie.

Lamartine m’attira à lui lorsque je marchais entre les rayonnages. Un livre épais d’un format discret de plus de mille cent pages était posé sur la planche de l’étagère, j’avançais spontanément la main, le saisis, le feuilletais rapidement. Je n’attendais pas mon retour à la maison pour le lire avidement. Déjà au salon de thé je découvrais les premiers chapitres. Les phrases s’enchainaient avec limpidité. Je nageais en eau claire.    « C’est magnifique. » m’écriai-je intérieurement. Quel souffle ! Un style pur , dense, profond. De la belle matière à se mettre sous la pensée.

« A dix heures brise de l’ouest qui s’élève; nous levons l’ancre à trois heures ; nous n’avons bientôt plus que le ciel et les flots à l’horizon; – mer étincelante – mouvement doux et cadencé du brick – murmure de la vague aussi régulier que la respiration d’une poitrine humaine. Cette altération régulière du flot , du vent dans la voile , se retrouve dans tous les mouvements , dans tous les bruits de la nature; est-ce qu’elle ne respirerait pas aussi ? Oui, sans aucun doute, elle respire, elle vit, elle pense, elle souffre et jouit, elle sent, elle adore son divin auteur.  Il n’a pas fait la mort; la vie est le signe de toutes ses œuvres. » 14 juillet 1832, Souvenirs, impressions, pensées ; Voyage en Orient Lamartine

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