John

?

Vide.

Sans matière.

Nul.

John a ôté les barreaux de la cage.

La musique s’est échappée.

Libérés, les sons ont pu se volatiliser.

La musique dite « savante », codifiée, réglée n’existe plus.

On n’entend rien ou très peu de choses.

Seul, subsiste le bruit des matières dures.

Celui des lunettes de l’interprète.

Celui de la fermeture du couvercle qui protège le clavier.

Celui du déclenchement du chronomètre.

Le silence est mesuré dans un temps défini.

4’33 n’est pas une sonate concertante.

C’est une pièce de musique déconcertante.

Fumisterie ?

John a osé, c’est assez culotté.

Il a eu raison de le faire.

Finalement qu’applaudit-on ?

Le rien, le vide, le manque, l’absence de son.

Que reste-t-il d’autre que la présence des humains qui tendent l’oreille pour ne rien entendre.

Ensemble, silencieux, hommes et femmes respirent en cadence.

Sans influence, sans imprégnation d’aucune sorte.

Passé le premier étonnement, seraient-ils invités à faire connaissance avec la vraie liberté, celle qui détartre leurs sens et leur intellect.

Vont-ils enfin pouvoir exister en étant eux-mêmes ?

 

4’33 :

« Elle s’ouvrira avec une idée simple que j’essaierai de rendre aussi séduisante que la couleur, la forme et le parfum d’une fleur. La fin s’approchera de l’imperceptible.»

John Cage (1912- 1992 ) compositeur américain.

4’33 : une prière silencieuse.

Pour en savoir plus sur lui :

http://www.centrepompidou.fr/education/ressources/ens-cage/ens-cage.html#non

dessinsfa#________

 

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2 Responses to John

  1. MI♭ says:

    Le silence parle : qu’il soit mis en scène comme dans ces 4,30′ de John Cage, ou qu’il soit recherché individuellement ou en groupe ; le premier est une surprise, un gag, une provocation talentueuse, le second est un choix qui répond à un besoin de surcroît. Il gomme des points d’interrogation en soulevant d’autres interrogations : seul le silence est grand, n’est-ce pas !

    • blogfadiese says:

      John Cage n’a pas voulu faire un gag, mais faire entendre les « bruits parasites » qu’il accepte comme faisant partie de la musique à part entière. Il nous oblige ainsi à sortir des règles imposées (aussi commodes soient-elles) en nous révélant l’importance égale des bruits singuliers. En nous plongeant dans le silence malgré nous, il nous « éveille », en nous rendant attentifs à tous ces « petits » bruits que l’on n’arrive jamais à éliminer totalement.
      C’était un adepte du Zen et du non agir. (cf le site indiqué)
      Sa démarche est intéressante.

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