Epouse

 

clara

 

EPOUSE  (portrait 23)

Elle naît à Leipzig en 1819 au sein d’un milieu de musiciens : son arrière-grand père maternel était flûtiste soliste au Gewandhaus, et son père Fréderich Wieck était un professeur de piano réputé, un pédagogue recherché qui forma sa fille dès son plus jeune âge. Sa mémoire musicale prodigieuse lui permettait d’apprendre d’oreille les compositions qu’on lui proposait. Enfant prodige surdouée elle se produisit en concert à travers toute l’Allemagne et fut adulée dès l’enfance et l’adolescence. Elle compose à onze ans. Très vite et très jeune elle rencontre Robert qui prend des leçons de piano chez son père. Le jeune pianiste la remarque et reconnaît en elle son alter ego musical. Il s’éprend d’elle mais Fréderich essaie par tous les moyens d’éloigner les jeunes gens et refusera une demande en mariage qui ne sera acceptée qu’après une action en justice. Le mariage sera célébré en 1840. Les deux époux pourront alors donner libre cours à leur double passion. Amour et musique se conjugueront en une belle étreinte musicale savante et mélodieuse, romantique à souhait puisque des motifs musicaux se retrouveront et se répondront d’une œuvre à l’autre.
Cependant des difficultés de tous ordres entraveront ce bonheur à peine ébauché. La vie aux côtés de Schumann n’était pas de tout repos. En douze ans de mariage Clara aura huit enfants, elle partagera son temps entre les maternités, les concerts, les attentions portées au travail de composition de son tendre époux. Robert dirigeait également une revue musicale renommée dans laquelle il révélait les talents prometteurs. Mais l’artiste était d’une santé psychologique fragile, rapidement des troubles psychiques se manifestèrent et s’accentuèrent au point de l’empêcher d’exercer toute activité professionnelle. Il fut interné et décédera deux ans et demi plus tard, en 1856, laissant Clara seule, à trente sept ans, avec ses huit enfants. Elle dut faire face à tout et assurer l’éducation des enfants, l’organisation de ses concerts, la vie domestique, les finances de la maison. Elle cessera de composer :

« Tout l’enjeu de la composition semble s’évanouir, stimulée ou entravée par Robert elle a toujours composé pour lui et sous son regard. Lui, disparu tout se passe comme si cette part d’elle-même n’avait plus de raison d’exister, ou plus de droit. »

Vaillante et sûre de son indiscutable talent pianistique, la brillante Clara va poursuivre et intensifier ses concerts avec les encouragements et le soutien sans faille d’un jeune musicien également très doué Johannes Brahms de quatorze ans plus jeune qu’elle.

« Assumer avec maestria le double destin qui s’ouvre à elle : redevenir la concertiste la plus adulée de l’Europe tout en servant la renommé posthume de son mari. »

Sa carrière la conduira à travers toute l’Europe, en Hollande en Belgique, en France, en Angleterre, en Russie. Elle se produira dans les grandes capitales: Londres, Berlin, Paris, St Petersbourg , elle jouera dans les grandes villes Leipzig, Hambourg, Dresde, Dusseldorf, Francfort sur le Main, Vienne etc .. elle y interprétera les grandes œuvres sonates, ou concertos de Beethoven, Liszt, Chopin, Brahms, Schumann, Dvorak. Elle se fera l’inlassable défenseur de la musique de son bien-aimé mari Robert Schumann qu’elle jouera continuellement et dont elle publiera l’intégralité des œuvres, ainsi que sa vie et sa correspondance. Elle enseignera dans plusieurs conservatoires. L’âge avançant Clara souffrira de rhumatismes et de maux d’oreille. À l’approche de la soixantaine elle devra ralentir le rythme inhumain des tournées qu’elle s’est imposée depuis vingt cinq ans. À soixante-dix ans elle effectuera un voyage en Italie accompagnée de ses filles. Deux ans plus tard elle donnera son dernier concert public puis organisera quelques séances de musique de chambre chez elle. Elle décédera en 1896 après avoir survécu pendant quarante ans à Schumann. Brahms son ami de toujours la suivra l’année suivante.

De son vivant elle reçut de nombreuses distinctions en Allemagne , en Angleterre.

Les malheurs succédant aux petits moments de bien-être, le bonheur étant définitivement perdu, sa vie sera parsemée de chagrins à cause de la perte de trois de ses enfants: Emil en bas âge, Julie à l’âge de trente six ans, Ferdinand dont elle soutiendra la veuve et les six enfants, Félix à vingt quatre ans, Elle supportera l’internement à vie de Ludwig. Vers la fin de sa vie ses trois filles pianistes vivront auprès d’elle, sa fille aînée ayant été son assistante dévouée et fidèle à tout point de vue familial et musical.

Héroïque, exemplaire, tragique la vie de l’épouse Clara Schumann ?

« Elle se sentait par-dessus tout une artiste »

texte inspiré de:   Clara Schumann de Brigitte François-Sappey musicologue

 

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2 Responses to Epouse

  1. colibri says:

    Joli portrait en tout cas.

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