Bovins

 

Par tous les temps, les vaches restent au pré.

Elles sont l’élément stable du paysage.

Leur présence paisible nous rassure, nous distrait.

Pourtant, souvent, nous ne les remarquons même pas.

Elles passent inaperçues.

Celles-là aussi font leur travail et remplissent leur mission.

Viande, lait, fromage, elles nourrissent les pauvres âmes que nous sommes.

Saurons-nous les remercier par une attitude bienveillante ou un simple regard de gratitude ?

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Trône

 

La situation politique est tellement floue, pour ne pas dire plus, que les journalistes en bafouillent dans les journaux télévisés.

Je me suis promenée en ville, à Limoges , tout était parfaitement calme.

Le marché de Noël qui a été « délocalisé » de quelques centaines de mètres par rapport aux autres années drainait quelques badauds ordinaires, sûrement les vingt pour cent de la France d’en bas dont parlait Duhamel et qu’il situe dans la tranche des Français un peu moins pauvres que les plus pauvres , qui eux ne s’expriment jamais, occupés qu’ils sont à survivre.

Donc ceux-là , ce sont les gilets jaunes d’après lui, ceux dont la crise de 2008 s’est durablement délestée.

Et qui peinent à se remettre à flot.

En reconnaissant du bout des lèvres,  cet état de chose, il donne l’impression de trahir un fait dont les journalistes ne veulent pas parler, habitués qu’ils sont eux aussi à pratiquer intensément la langue de bois.

Mais là, la situation est tellement incroyable qu’ils en arrivent à se trahir eux-mêmes dans leur langage. Leur langue a fourché. Leur aveu dévoile l’état d’esprit de toute leur classe opportuniste.

Par ailleurs, le silence de la classe politique est ahurissant.

Normal, puisqu’en rejoignant le premier de cordée pour sauver leur peau, ils ont trahi leur propre parti, à gauche, et à droite.

Ils seraient donc mal venus, aujourd’hui de donner ne serait-ce que l’ombre d’une opinion ou d’un quelconque soutien à ces pauvres gilets jaunes qui se retrouvent esseulés, abandonnés par le personnel politique.

Le peuple d’en bas se rassemble, puis chacun rentre chez soi et attend des réponses qui ne viennent pas.

Quant aux traitres, ils stagnent sur leur acquis.

En fait, ils se trouvent piégés dans la crise que traverse le pays.

A part Jean Lassalle qui a revêtu un gilet jaune, les autres restent cois, comme des bêtes de somme que l’on dirige au gré des événements.

Demain, les citoyens ordinaires se remettront gentiment au travail.

Le peuple français d’en bas aurait-il plus d’honneur que le tout petit peuple d’en haut?

Je crains que le roi républicain soit tombé de son trône.

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L’Aurence

L’Aurence il y a quinze jours au parc.

Elle coulait tranquillement et les enfants jouaient à faire flotter des feuilles à la surface.

Puis ils les suivaient du regard jusqu’à ce qu’ils les perdent de vue.

Elles s’éloignaient vers l’aval, se bloquaient contre une pierre ou tournoyaient sur la rive boueuse.

« Elles flottent comme un petit bateau » disaient-ils.

Esquif léger, fragile, éphémère.

L’eau coule sous les ponts, la roue tourne.

Si je m’écoutais je revêtirais un gilet jaune.

Pour contrer l’arrogance et le mépris de celles et ceux qui croient être des premiers de cordée.

Et qui imposent un diktat de fer sur les petites gens dont je fais partie.

Mais, pff, tout cela a-t-il vraiment de l’importance finalement ?

 Si, cela a beaucoup  d’importance en réalité.

 

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Herbes

 

Herbes sèches encore dressées avant la pluie et le passage de la tondeuse.

Petit tour au parc de l’Aurence, affluent de la Vienne, elle-même affluent de la Loire.

 Provenant du nord  de Limoges, elle la traverse de part en part et permet l’aménagement d’un parc qui s’étend en deux parties.

M’y promenant en compagnie des petits-enfants, nous y croisons d’autres enfants et quelques chiens gambadant insouciamment.

De beaux arbres, des hêtres, bordent le ruisseau serpentant au milieu de la vallée.

Assez calme en dépit de la proximité de la deux fois deux voies qui amènent les automobilistes en direction d’Angoulême.

Feuilles, rameaux, branches, clapotis, air frais peu pollué enveloppent notre promenade.

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Haie

En accompagnant ma petite fille à sa leçon de danse, une haie d’honneur de feuilles nous accueille.

Tandis que la fillette ne s’en soucie guère, je les admire avec une certaine mélancolie.

Notre sort ressemble tant au leur.

Ces Légèretés multicolores sont le reflet tellement  véridique du caractère éphémère de la vie …

Mais balayons vite ces impressions ternes et maussades.

Gardons juste les camaïeux et les formes aux mille nuances.

C’est aussi ce qu’exprime la musique.

Par le biais des innombrables subtilités des sons  et des compositions dans leurs formes et leurs styles.

Tout est noté sur la feuille manuscrite devenue partition musicale au codage précieux, précis, aux contours ciselés.

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Plastique

Art moderne : jeu de lignes en escalier.

Inimitable.

Masses grises empierrées menant le regard aux marches et contre-marches couleur gris souris.

Fine balustrade de fer scellée soulignant l’escalier noyé entre les murs.

Ramure flamboyante surplombant l’enceinte murale plane, haute, verticale.

Contraste des formes et des volumes.

Légèreté caduque chapeautant la pérennité des moellons granitiques.

Symphonie de touches ascendantes et descendantes.

Froideur et silence des pierres,  éclat et chaleur d’automne.

Tas de pierres, tas de feuilles, tas d’idées.

Prenez garde de ne pas rater la marche.

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Camaïeu

Camaïeux déclinés.

En mille couleurs.

Fondu-enchaîné.

De multiples nuances.

Tâches, touffes de pastel.

Ramures patchwork.

Eclat sous le soleil.

Beauté.

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