Requin

jardin

Très jeune, il monte à la capitale. Y a pas de temps à perdre. La réussite l’attend. Il joue des coudes, cherche à s’imposer. Ne rate aucune occasion. Il est de toutes les inaugurations. Souriant, il coupe les rubans tricolores, serre des mains, prononce des discours attendus. Enthousiaste, chaleureux, il vit et profite à plein. Ses réseaux bien fournis lui assurent notoriété, points de chute, tremplins, portes ouvertes, appuis solides, féconds, sûrs, solides, durables. Une cour s’organise autour de lui. Pourtant parfois on lui retire le tapis sous les pieds, il manque de s’étaler, plonge, se rattrape de justesse, repart.

Mais, brouillons les cartes, mélangeons la donne, travestissons les personnages. Glissons de l’un à l’autre.

Requin, tigre, ogre, caméléon, père de la nation ? Grand escogriffe facétieux , usurpateur, renard habile, calme, réfléchi, calculateur, dissimulé, fougueux, batailleur machiavélique ? Dépité, trahi, vaincus, vainqueurs. Des lions, serviteurs de l’Etat ? Qui sont-ils donc ?
« Les yeux dans les yeux ils mentaient tous les deux » nous informe-t-on trente ans plus tard, à propos d’une émission TV célèbre en son temps.
« Remarquable d’efficacité, de cruauté, de culot, redoutable d’habileté » avoue un de ses très proches.  Un caïman.
« Je vous étonnerai par ma démagogie » rapporte-t-on.
Exemple: «  En démocratie le peuple est le maître. » D’autres, dans le camp opposé diront encore « En démocratie, le peuple est souverain ». Bonnet blanc et blanc bonnet. Allez avalez ça !

Sortons  prendre l’air pour chasser la nausée.
A ce sommet-là,  arrivant en vainqueur, il repartit en vaincu, humilié. Le vieux renard , grand stratège, l’avait mis plus bas que terre, ne souffrant aucune concurrence.
« La France parle d’une seule voix » . Dorénavant, Il devra s’en rappeler et faire profil bas. Il ne compte pas que des amis, on surveille les manques, les absences, les erreurs. On guette les opportunités. On est prêt à s’engouffrer dans l’entrebâillement des portes qu’il ne referme pas. Les sondages, défavorables, annoncent la défaite. Cette baisse de popularité le conduit aux enfers. C’est la dépression, le doute, le découragement face à l’échec assuré, qui de fait, donne la victoire au camp adverse.

Tendons l’oreille.

« En fait , le Président de la République n’a rien à faire. » nous dit-on à nouveau.
Hé, ben ! C’est les rois fainéants entend-on plus tard.

Dégoût, poursuivons encore.

Symbiose apparente. Période de mutation. Authentiques cohabitations. Plurielles.  Celui-ci faisant élire celui-là, copains comme cochons. Mais on le lâche de tous côtés. Trahison. Nombreuses trahisons. Inattendus. Terribles. Défaite assurée. Mais contre toute attente, les circonstances jouent en sa faveur. Pour la dernière fois, dernier mandat, sans rien faire, il triomphe, haut la main. Incroyable ! Surréaliste.

Il domina la vie politique pendant quarante ans au vu et au su de tous. Mais, en réalité qui étaient les hommes de l’ombre ? Qui étaient les vrais décideurs, finalement ?
Rendez-vous dans cinquante ans …..pour avoir quelques bribes de réponses.

chocolat

Vous reprendrez bien un dernier chocolat avant de nous quitter, non, ça vous donne mal au cœur ?

photosfa#______

 

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4 Responses to Requin

  1. jfsadys says:

    Un petit aperçu de « Bel ami » à qui j’ai pensé en vous lisant:
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Bel-Ami

  2. jfsadys says:

    Mitterrand Chirac? Avez-vous lu « Bel Ami » de Maupassant?

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